Anhaux : une maison, une histoire "Etchebers"

vendredi 15 janvier 2010
par  GeneO

Une étude réalisée par Claude Lesgourgues

L’INVENTAIRE DE 1906

La loi de séparation de l’église et de l’état vit le jour en décembre 1905. Il n’y a aucune trace dans les archives municipale de l’incident qui eut lieu dans le village. Cette loi prévoyait un inventaire des biens de l’église et des fabriques qui se réalisera courant 1906. Si en général cette opération se présenta assez bien dans le département, en pays basque elle prit parfois des tournures dramatiques, à l’exemple de Bidarray ou la troupe chargea un groupe d’habitants qui s’opposaient a l’entrée du percepteur dans l’église, faisant plusieurs blessés. Mis a part un petit nombre d’inventaires qui se firent dans le calme les fonctionnaires chargés de l’opération ne furent pas bien reçus et durent revenir avec la force publique, crocheter ou casser les portes des églises pour faire cet inventaire là.

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Inventaire

A Anhaux l’incident prit un tour un peu burlesque qui ne fut malgré tout pas du goût des fonctionnaires
chargés de cette opération.
La première fois, le percepteur se présenta à l’église dont les portes étaient fermées.
« Les inventorieurs se montraient déconfits. Un retour d’Amérique essaye de les consoler en leur disant :
c’est comme pour nous, quand nous nous sommes attardés au marché de Baigorry ou de Saint Jean Pied de
Port, à notre retour nous trouvons les portes de nos maisons fermées. Les femmes de ce pays sont terribles à
l’église et à la maison. L’agent trouve la plaisanterie de mauvais goût et partit.

Devant ce refus là il ne lui restait plus qu’à revenir avec la troupe et forcer les portes de l’église. Ce qu’il décida de faire. Hélas un benêt, comme il y en a dans tous les villages, allait leur compliquer cette tache :
Il revint le mercredi 7 mars, mais l’alerte fut donnée par un ancien séminariste dont la cervelle est tant soit peu dérangée : « les soldats sont là-bas, dit il, à la croix d’Ascarat, ils bivouaquent » et cela dit, il se mit à faire des cabrioles d’insensé. Puis prenant une bouteille d’eau d’une main et gourdin de l’autre, il se plante devant le cimetière. Les soldats arrivent, un sergent essaie de chasser notre toqué qui résiste et riposte avec son gourdin. Le sergent et le fou se prennent corps à corps et le sous officier roule part terre. On les sépare, mais impossible de faire taire le fou qui, assis sur le mur, continue ses divagations insensées : il renvoie le percepteur fouiller les poches ailleurs, le commissaire au milieu des voleurs, les soldats à la caserne, le curé à son presbytère, les chrétiens à leurs prières, les propriétaires au logis et il allait de l’un à l’autre offrant à boire de son eau.
Finalement, les portes sont brisées, l’inventaire fait.
La troupe partit, emmenant le pauvre fou, menottes aux mains entre quatre soldats. Tout au long du chemin,il criait aux personnes qu’il rencontrait : « Regardez bien, Mesdames et Messieurs, quatre contre un, ils n’ont pas honte ! »

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carricature

Les prêtres

Jean ETCHEBERRY d’Etchebers
Fils de Jean d’Etcheberry et Marie d’Etchebers. Il fit ses études à Pau et fut ordonné en juin 1734.

Dominique d’ERRECA d’Etchebers
Fils de Gratian d’ERRECA et Gratianne d’Ethebers, il fut ordonné le 7 mai 1753.



[1ADPA Minutes notariales

[2Archives départementales de Pau

[3Archives communales d’Anhaux