Instituteur ou institutrice, maître ou maîtresse

lundi 2 février 2009
par  GeneO

Quelques dates importantes

Le terme ne sera employé qu’à partir de 1792 et remplacera celui de magister ou de pédagogue.

En 1794, la première Ecole Normale Supérieure a été créée pour former des enseignants hommes ; ce n’est qu’en 1833 que chaque département aura sa propre école normale de formation des instituteurs.
Ces instituteurs diplômés devront s’engager à servir l’école publique au moins pendant dix années, leur formation ayant été gratuite.

Puis, la loi votée le 28 juin 1833 obligera chaque commune à entretenir une école primaire, sur leurs fonds publics, privés ou même confessionnels et à rémunérer les enseignants.

En 1850, la loi étendit enfin cette obligation aux écoles primaires de filles et accordera des privilèges aux établissements d’obédience catholique.
Les instituteurs indociles pourront être révoqués par les préfets !!
Le Second Empire hostile aux progrès de la scolarisation populaire essaiera de la freiner par de nombreuses circulaires restrictives.

En novembre 1852, une mesure interdisait aux enseignants de porter la barbe !!

En 1860, plus d’un quart des conscrits étaient encore analphabètes.

Le 9 août 1879, grâce à la réorganisation de l’école primaire par Jules Ferry et à son influence, les filles disposèrent d’une école normale départementale. Le 21 décembre 1880, sur proposition du député Camille Sée, le législateur institua les lycées féminins mais sans philosophie et langues anciennes, matières réservées à la connaissance des hommes !

A partir du 16 juin 1881, l’enseignement primaire devient gratuit ; le 21 août, les salles d’asiles qui recevaient les enfants, garçons et filles, de deux à six ans ont été remplacées par les écoles maternelles.

En 1881, la première école normale de jeunes-filles s’ouvre à Sèvres. Les meilleurs élèves de l’école communale pourront tenter le concours d’entrée à l’école normale ; ces instituteurs issus du peuple seront surnommés les hussards noirs de la IIIe République.

Le 28 mars 1882, Jules Ferry fera voter la loi de l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire pour tous les enfants de France de six à treize ans ; la prolongation de la scolarité jusqu’à quatorze ans sera décidée depuis qu’une autre loi, celle du 11janvier 1910, a fixé à 12 ans au lieu de onze, âge auquel l’enfant peut se présenter aux épreuves de certificat.

En 1885, l’égalité des sexes est acquise à l’école primaire. Mais la règle dans une école qui n’est pas mixte, est que les enfants soient éduqués par une personne de leur sexe. Une maîtresse du public sur deux est donc une religieuse parce qu’on manque d’institutrices laïques.

Et pourtant, en 1861 à Lyon, une institutrice de 37 ans Julie Daubié [1]
, bouleversa les préjugés en osant se présenter aux épreuves du baccalauréat. Elle décrocha brillamment le diplôme. La France jusqu’alors, ne comptait que des candidats masculins.

Ce n’est qu’à partir de 1924, que les filles et les garçons passeront leur bac, dans les mêmes conditions !!


Expressions populaires :
- Apprendre à lire à son maître d’école : se croire plus intelligent que les autres.
- Reporter quelque chose à la semaine des quatre jeudis : c’est à dire à une date illusoire, jamais
- Prendre la férule : devenir maître d’école.
(La férule était une palette de bois ou de cuir au bout arrondi dont on frappait la main des écoliers qui avaient commis une faute.)


[1Julie Victoire Daubié, née en 1824 à Fontenoy-le-Château dans les Vosges, est la première femme bachelière à une époque où il était difficile voire impossible aux femmes d’étudier et de se présenter aux épreuves du baccalauréat.
Initiée au grec et au latin par son frère, l’abbé Joseph-Florentin Daubié, elle présentera sa candidature, plusieurs fois à Paris, candidature qui sera chaque fois, refusée catégoriquement.
Convaincue de son bon droit, aucune loi n’interdisant aux femmes de se présenter à l’examen, elle s’inscrit à Lyon et obtient le Bac le 16 août 1861.